17 mai 2009

Maradona-Zidane : Parallèle édifiant (4)

On mesure souvent la grandeur d’un champion d’abord au vide qu’ils laissent au sein de leurs équipes en leur absence pendant leur ère, et ensuite une fois leurs crampons raccrochés.
En 2005, la France est empêtrée dans les éliminatoires de la coupe du monde. Zidane connait alors une période difficile en club avec le Real qui ne gagne plus rien depuis la ligue des champions 2002 et cette volée gagnante du meneur de jeu des bleus face au Bayer Leverkusen. Après le départ en retraite de plusieurs cadres dont Zidane, la nouvelle génération tarde à s’affirmer, et les bleus sont en ballotage défavorable avant un déplacement difficile en Irlande. Jusqu’au retour de Zidane qui redonne une âme a l’equipe, qui arrache sa qualification grâce a une victoire 1-0 au Lansdowne Road de Dublin sur un but d’Henry. Aujourd’hui, trois ans après son départ, les bleus ont du mal à trouver un successeur à Zidane. L’euro 2008 et les débuts d’éliminatoires hésitants pour la coupe du monde 2010 en sont la meilleure preuve. L’Argentine n’a plus atteint la finale de la coupe du monde depuis le départ de Maradona. Elle a même été éliminée dés le premier tour en 2002. Une multitude de joueurs ont été mis en avant comme étant le digne successeur de Maradona. D’Ortega à Riquelme en passant par Aimar, plusieurs talentueux meneurs de jeu devaient mener la sélection argentine à un nouveau sacre planétaire. En vain. Messi, en constante progression depuis plusieurs saisons pourrait être ce joueur que l’Argentine attend.
La comparaison avec d’autres stars de la planète football donne encore plus d’aura au mythe de Zidane et Maradona. Beckenbauer n’a lui aussi gagné qu’une seule coupe du monde avec l’Allemagne en 1974. A la différence qu’après son départ, les prestations sportives de la Maanschaaft n’ont en rien été affectées. Elle a notamment atteint quatre finales de coupe du monde depuis, remportant même celle de 1990. Mais ce qui condamne aussi le Kaiser à figurer dans la catégorie d’en-dessous est le fait qu’il évoluait au poste de défenseur, une position moins valorisée par supporters et médias. Pelé a bien gagne trois coupes du monde. Deux de plus que l’un et l’autre. Reste à préciser qu’en 62, Pelé s’était blessé dés le premier tour, ce qui n’a pas empêché la selecao de remporter la coupe du monde. A l’antipode des coupes du monde 94 et 2002, ou les retraits pour differentes raisons de Maradona et Zidane avaient désorienté l’equipe. Ce qui pourrait toutefois mettre Pelé dans la même catégorie que ces deux-la est que la selecao a attendu une très longue période après son départ (24 ans) avant de gagner une nouvelle fois la coupe du monde. Pour l’Argentine (23 ans) tout comme la France (11ans), la période est en cours.

10 mai 2009

Maradona-Zidane : Parallèle édifiant (3)

L’un comme l’autre sera passé a coté d’une coupe du monde. Privée de Maradona, en plein déboires avec la justice, la céleste se qualifie de justesse pour la coupe du monde 94 qui se tient aux Etats-Unis, après une victoire en match de barrages contre l’Australie. Au premier tour de cette compétition, l’argentine retrouve Maradona… son toque avec ! Ce football qui la caractérise basé sur une succession de passes courtes en deux à trois touches tout en patience, prolongeant au maximum la possession du ballon jusqu'à user l’adversaire. El Pibe de Oro s’illustre notamment en concrétisant une des séquences de toque par une frappe venue d’ailleurs contre la Grèce. Après les deux premiers matches de la compétition, l’Argentine est la grande favorite. Jusqu'à ce que l’éviction de Maradona suite a un contrôle positif à l’éphédrine perde le jeu de la Céleste qui sera éliminée en huitièmes de finale. Un parallèle peut être fait avec la performance de Zidane lors de la coupe du monde 2002. Avant cette coupe du monde, la France cumule les deux titres de champions du Monde et d’Europe. Au cours des matches amicaux qui précèdent cette période, les bleus sont comme invincibles. Une equipe comparable à celle du Brésil de 70. En plus d’une défense imperméable, la génération 98 s’est bonifiée par la maturité de leurs attaquants que Zizou oriente et sert. En club, dans la saison qui précède cette coupe du monde, les trois attaquants des bleus sont alors meilleurs buteurs des championnats italien, anglais et français (Trezeguet, Henry et Cisse). La blessure de Zidane à quelques jours de la compétition en plus de celle de Pires quelques semaines auparavant (qui venait de sortir la meilleure saison de sa carrière en club avec Arsenal, et que les journalistes anglais avaient récompensées du titre de meilleur joueur) va changer la donne. Sans son meneur de jeu pour les deux premiers matches du tournoi, les bleus sont transparents et sortent dés le premier tour d’une coupe du monde de laquelle ils étaient archi-favoris.
Ces coupes du monde n’auront pas toutefois le même impact sur la carrière et l’image qu’a le grand public sur ces deux joueurs. Pour Maradona c’était sa dernière coupe du monde. Il tentera maintes fois de se relancer aussi bien en club qu’en sélection. En vain. La dernière image médiatique dans la carrière de tout sportif de haut niveau a certainement un impact fort sur les passionnés de ballon rond. Et pour Maradona c’est celle de le voir sortir du terrain, bras levé après la victoire contre la Grèce, accompagné d’une infirmière pour un contrôle anti-dopage. Ce dernier s’étant avéré positif, l’incompréhension et la déception ne pouvaient que suivre. En 2002, Zidane a lui encore trente ans et de belles années semblent encore l’attendre. Les critiques sont bien sur au rendez-vous des bleus à leur retour d’Asie, du fait d’abord de leur mauvaise gestion médiatique de l’évènement : à l’antipode de 98, le staff des bleus avait décidé de laisser une plus grande liberte aux joueurs. Ces derniers multiplient les rencontres avec les journalistes pendant la coupe du monde. Dans cette periode, la plupart d’entre eux, auréolés du titre de champion du monde sortant, semblent alors plus préoccupés de leurs rentrées publicitaires que de celles du terrain. Desailly, alors capitaine, avait même tourné une pub avec l’équipementier des bleus en cas d’élimination. Du fait ensuite des mauvais choix tactiques de l’entraineur, qui n’avait pas prévu de tactique et de solution de rechange au poste de meneur de jeu après la blessure du titulaire habituel. Dugarry s’est alors retrouvé à jouer à un poste qui n’est pas le sien, avec peu de réussite. Mais Zidane échappe légitimement à ce flot de critiques du fait de sa blessure.
Sur le plan sportif, cette coupe du monde ratée permet toutefois de mesurer l’impact de leur absence sur le rendement de leur équipe.

2 mai 2009

Maradona-Zidane : Parallèle édifiant (2)

En club comme en sélection, la comparaison des carrieres respectives de ces deux virtuoses du ballon rond révèle de nouvelles similitudes.
En club, Zizou a notamment remporté plusieurs titres de champion d’Italie avec la Juventus de Turin et une ligue des champions avec le Real de Madrid. Maradona a remporté deux titres de champion d’Italie avec Naples. Certes le palmarès de Zidane est plus riche mais il a évolué dans des clubs qui ont brillé avant lui sur la scène nationale et européenne et ont continué à briller après son départ. Alors que Naples a connu les pires difficultés sportives avec le départ de Maradona (avec notamment plusieurs relégations). Le club sicilien n’a remporté que deux titres de champion dans son histoire, qu’une seule coupe de l’UEFA et qu’une seule coupe d’Italie. Toujours avec le gamin en or aux manettes.
En sélection, l’un comme l’autre a brillé dans deux coupes du monde. Une première qu’ils ont gagne avec la manière. En 86, l’Argentine remporte le titre. De cette coupe du monde, on retiendra surtout ce quart de finale contre l’Angleterre qui quelque part est à l’image de l’ensemble de la carriere de Maradona. Apres avoir marque le premier but avec sa main, ‘la main de dieu’ expliquera-t-il après le match, le môme de Buenos Aires inscrira celui de la victoire suite a une chevauchée fantastique au cours de laquelle il élimine ses gardes du corps du soir alliant vitesse et finesse. En finale, alors qu’argentins et allemands sont a égalité, Maradona refait alors parler son génie en délivrant après une nouvelle série de dribbles un caviar a Buruchaga en toute fin de match qui inscrit le but de la victoire. Il est élu meilleur joueur de la compétition. Zidane remportera celle de 98. Cette coupe du monde réunit deux conjonctures tres favorables pour l’equipe de France : Elle se tient dans l’hexagone et la France possède alors la meilleure équipe de son histoire. A partir des quarts de finale, et bien entouré de joueurs tels que Petit, Djorkaeff et Blanc, Zizou sort le grand jeu avec notamment les passes renversées et renversantes dont il a le secret pour mener l’equipe de France vers son premier titre mondial. En finale il plante même deux buts de la tête. Une autre (CM) les verra atteindre la finale, en triste épilogue d’un parcours chaotique. En 90, la céleste produit très peu de jeu et s’en remet presque uniquement au génie de trois joueurs (Caniggia, Goygotchea et Maradona) pour atteindre de manière poussive la finale de la coupe du monde. En huitièmes de finale, ils battent le Brésil grâce a une nouvelle chevauchée qu’aucun superlatif ne semble adéquat pour définir. Cette fois, c’est Caniggia qui transforme l’offrande pour éliminer le Brésil. Ce chemin de croix menant au paradis est aussi rendu possible par le gardien Andoni Goygotxea qui remporte deux séances de tirs au but. La Céleste sera finalement battue par l’Allemagne de Lothar Mattheus, bien plus complète sur tous les plans. En 2006, Zidane passe a coté du premier tour et rate même le troisième match en raison d’une suspension. La métamorphose viendra a partir des huitièmes de finale et une grande prestation face a l’Espagne auréolée d’un but. Idem face au Brésil en quarts ou Zizou donne une leçon de technique balle au pied aux joueurs brésiliens. Si la France est vice-championne du monde, à l’exception du quart de finale contre le Brésil, elle l’aura été via un jeu poussif sur l’ensemble de la compétition.

1 mai 2009

Maradona-Zidane : Parallèle édifiant (1)

C’est l’histoire de deux joueurs au talent sans limites. Ce qui à beaucoup alimenté polémiques et chroniques au cours de la carriere de ces deux joueurs est leurs écarts de conduite sur le terrain.
Pour Zidane, ce sont ces gestes déplacés sur un garde du corps d’un soir, le plus souvent une semelle qui traine. L’une d’entre elles au cours du premier tour de ligue des champions contre Hambourg lui coutera le ballon d’or 2000 alors qu’il venait d’etre sacré champion d’Europe avec la France quelques mois plus tôt, et qu’il était alors au sommet de son art. Pour Maradona, ce sont ses déboires avec la consommation de substances interdites dans le cadre et en marge de rencontres sportives. Paradoxalement, c’est cette part d’ombre qui donne a ces deux joueurs une aura que d’autres tout aussi bon voire meilleurs balle au pied n’ont pas. Cette même attitude parfois déplacée, mais toujours en réaction a une hostilité injustifiée du public ou d’un adversaire. Par exemple, le geste de Zidane en finale de la coupe du monde 2006 est certes impardonnable, mais il est bon de le reconstituer dans son contexte. Au cours de cette coupe du monde, zizou aura été critiqué et poussé vers la sortie par plusieurs medias. Ces critiques se transformeront en ressort pour ce joueur qui va pousser les siens jusqu’en finale. La lassitude est forte pour ce joueur de 34 ans qui affronte une Italie ultra-défensive en finale. Au cours de la rencontre, Zidane est tout près de se déboiter l’épaule, s’en remet, et au cours des prolongations décoche une tête que Buffon repousse avec beaucoup de brio. C’est cette parade qui va finalement séparer la France de son deuxième titre mondial. Viendront ensuite les énièmes provocations de Materazzi en fin de prolongations qui feront perdre son sang-froid à Zidane qui réagira en se faisant justice lui-même. L’histoire du foot ne peut également oublier cette réaction forte de Maradona, aux sifflets du public du stade Sao Paoli de Naples lors de l’hymne argentin en demi-finales de la coupe du monde 1990. Le gamin en or ne pouvait comprendre la réaction de ce public auquel il avait tout donné. Sur ces lèvres on pouvait lire une injure en réponse aux sifflets. Le fait de jouer contre l’equipe nationale italienne ne pouvait justifier pareil animosité pour le prodige argentin. Il venait de lui donner son deuxième titre de champion d’Italie, et avait beaucoup donné pour l’attractivité du football italien.
Si le mythe de Maradona a pris de l’avance du fait de son départ en retraite qui commence à dater, celui de Zidane est bien lancé. Pour l’un comme pour l’autre, le tempérament y est pour beaucoup.

31 mars 2009

PARIS ETERNEL PIONNIER

Quinze ans après son dernier titre de champion, le PSG peut à nouveau viser le titre national majeur. En parallele, il est encore en lice en coupe de l’UEFA, ou il pourrait devenir le premier club français à remporter la compétition.
Un championnat qui se jouera au finish
Plusieurs facteurs poussent à croire que le PSG aura une carte à jouer pour remporter son troisième titre de champion (après ceux de 1986 et 1994).
Le PSG a un calendrier favorable à domicile avec les réceptions successives de Nice, Le Havre, Rennes, Auxerre et Monaco. Ces deux dernieres engluées en milieu de tableau n’auront peut-être plus rien à jouer lors de leurs déplacements au Parc des Princes.
Hormis Toulouse, Paris a tenu tête à tous les autres ténors du championnat gagnant un match sur deux contre Bordeaux et Marseille, en attendant de faire mieux contre Lyon et Lille qu’il a déjà battu au match aller.
Le championnat de France se dirige de plus en plus vers une fin d’ère dans laquelle l’OL distançait avec beaucoup d’aisance ses adversaires. Les six premiers se tiennent en effet à quatre points d’intervalle. Paris a plus que jamais l’occasion de redonner de la saveur à ce championnat en titillant l’ogre lyonnais.
Un tableau tres abordable en coupe d’Europe
En coupe d’Europe, le PSG va disputer le sixième quart de finale de sa jeune histoire. Seul club français à avoir gagné la coupe des vainqueurs de coupe, une victoire en coupe de l’UEFA ferait de nouveau du club de la capitale un pionnier pour le reste des clubs de l’hexagone. Dans cette compétition, le PSG a toutes ses chances.
Il va jouer Kiev en quarts, club plus qu’abordable. La différence de niveau entre le championnat de France et le championnat d’Ukraine pousse à l’optimisme. Une fois la qualification en poche, Paris rencontrera Marseille ou Donetsk. L’autre moitie de tableau est plus relevée avec Hambourg, Breme, Man City et Udinese. Hormis Breme, le PSG partira favori s’il se qualifie pour la finale.
De plus, le PSG est un club qui brille en coupes. En atteste les coupes qu’il a continue à gagner ses dernieres années en parallele a ses faibles prestations en championnat. En coupe d’Europe, le PSG est l’un des deux seuls clubs (avec le Real de Madrid) à avoir dispute cinq demi-finales de coupe d’Europe d’affilée. Lors de sa victoire en Coupe des Coupes il avait notamment battu le Celtic Glasgow, Parme et le Deportivo La Corogne. Cette compétition était alors tres relevée car seuls les champions nationaux disputaient la ligue des champions.
Surtout, l’expérience de joueurs comme Giuly, Rothen et Makelele qui ont déjà brilles en coupe d’Europe les saisons passées permettront au club de bien gerer les tours finaux de cette compétition.
Ce qui pourrait défavoriser le PSG dans ses deux sprints est qu’il utilise le plus les mêmes joueurs dans son onze titulaire. La blessure d’Armand est le signe d’une equipe qui commence peut etre à fatiguer. De son cote, Lyon, après une énième élimination prématurée en coupe d’Europe, va concentrer tout ses efforts sur le championnat.
Mais ce qui devrait transcender le club de la capitale est l’optique d’un troisième sacre de champion de France avec en parallele une première victoire en coupe de l’UEFA. L’om ayant été demis de son titre de champion de France l’année de sa victoire en ligue des champions, cet exploit serait une première dans l’histoire du foot français.

16 février 2009

Après eux... le déluge!?

Faute d'avoir scellé le sort de Raymond Domenech, l’élimination des bleus de l’euro 2008 tourne définitivement la page de la génération Zidane. A s’en fier aux prestations des bleus aux lendemains du départ de Kopa et Platini, l’avenir ne devrait pas etre radieux pour l’équipe de France.

La fin de la génération Zidane
Définir la coupure entre une génération et la suivante n’est pas évident, mais on peut considérer que les 22 champions du monde représentent la génération Zidane. Il faut y ajouter :
1- Claude Makelele, présent en bleu depuis le 22 juillet 1995, mais absent des campagnes de 98 et 2000.
2- Wiltord, Micoud et Rame, absents en 98 mais vainqueurs de l’euro 2000 peuvent également etre associés a cette génération.

On peut considérer que Pires et Trezeguet ont peu de chances de revenir en bleu. Avec le maintien de Domenech, leurs chances sont mêmes nulles. Apres cet euro, il ne reste que Thierry Henry et Patrick Viera. La page France 98 est donc quasiment tournée. Elle l’avait sans doute déjà été à moitie au lendemain de la coupe du monde 2006 et le départ de zizou.

Le vide des années post-Kopa et post-Platini
En 1958, la France atteint pour la première fois une demi-finale de coupe du monde, avant d’atteindre ce même stade deux ans plus tard a l’Euro. Bien que n’ayant pas gagné de trophée, cette equipe a marquée les esprits grâce a Just Fontaine, recordman des buts marques lors d’une même phase finale de coupe du monde avec 13 buts (record qui tarde à être battu), et Raymond Kopa, brillant milieu de terrain et meneur de cette equipe. Mais aussi grâce à Joncquet et Piantoni. Les années qui vont suivre seront creuses pour les bleus, qui ne franchiront plus le cap des quarts de finale dans une grande compétition.
Jusqu’a l’avènement de la génération Platini. Cette derniere va apporter a la France son premier titre majeur avec l euro 1984 joué en France, et ou Michel Platini devient le recordman des buts marques lors d’un championnat d Europe des nations avec 9 buts (record qui tarde a etre battu). Platini, entouré de Giresse, Tigana, Fernandez, Rocheteau, Tresor et Battiston va atteindre deux fois le dernier carré de la competition reine. En 82 et 86, les bleus passent tres près de l exploit, et butent a deux reprises contre l Allemagne. Lors de la demi-finale de Seville en 1982, les bleus ne sont pas épargnés par une equipe d’Allemagne rugueuse et physique. Ce jour la, la Maanschaaft aurait du jouer la partie a 10 après l’agression de son gardien Harald Schumacher sur Patrick Battiston. L’arbitre en a décidé autrement. En prolongations, les bleus mènent 3 buts à 1 et se voient déjà en finale. Les allemands reviennent et raflent la mise aux tirs aux buts. Platini quittera les bleus 1 an plus tard.

La generation Yaz’
Les bleus ne verront plus le dernier carre jusqu’ a l euro 96, dispute en Angleterre. Le talent d un joueur redonne espoir au ballon rond français, et pousse le sélectionneur de l’époque Aime Jacquet de batir l’équipe autour de lui. Zinedine Zidane, formé a l’AS Cannes, grand technicien, d un grand calme, doté d’une vision du jeu impressionnante, en compagnie de joueurs offensifs très talentueux comme Youri Djorkaeff et Christophe Dugarry, poussent a la sortie des joueurs de la trempe d’Eric Cantonna et David Ginola. Si l’euro anglais n’achoppe pas d un nouveau titre, il permet néanmoins de préparer le mondial qui se déroule en France deux ans plus tard. Avec le succès qu’on connait. Au cours de cette compétition, Zidane brillera de tout son éclat a partir des quarts de finale, et surtout en finale ou il inscrit deux buts contre le Brésil. Sur la totalité de la compétition un joueur est egalement sorti du lot cote français : Emmanuel Petit, brillant récupérateur, auteur de deux buts, dont un en finale. Deux ans plus tard a l’euro les bleus deviennent la première equipe a gagner l’euro dans la foulée d’une coupe du monde. Si l’assise défensive avait été le point fort des bleus en 98 (2 buts encaissés), l’euro 2000 voit confirmer chez les bleus les talents offensifs de Thierry Henry et Nicolas Anelka. Les bleus marquent en tout 13 buts dans cette compétition, qu’ils remportent grâce a un but décisif en finale de David Trezeguet. En 2002, les bleus sont éliminés dès le premier tour de la coupe du monde, en partie à cause de la blessure de Yaz. En 2004, seule la victoire contre l’Angletterre lors du premier match, grâce a un double de Zidane en toute fin de match, donne une touche positive a l’euro des bleus. La France est éliminée des les quarts de finale par la Grèce. En 2006, quelque mois après le retour de Zizou en bleu, les bleus atteignent la finale, battant notamment le Brésil en quarts de finale. En finale, le portier italien Gigi Buffon sort le grand jeu, et empêché les bleus de gagner un second titre mondial. Pour sa première grande compétition sans Zidane, et malgré la présence de tauliers de la grande équipe comme Patrick Viera (finalement blessé) et Lilian Thuram, les bleus sont sortis dès le premier tour de l’euro 2008. Incapable de concrétiser ses occasions de buts, très perméable défensivement, fragile dans l’adversité, sans leader sur le terrain ni dans le vestiaire, ce cru aura été des plus amers. La Hollande puis l’Italie ont su en profiter.

Les raisons de ces lendemains difficiles
La principale cause de ces difficultés est qu’au moindre faux pas de la nouvelle équipe, les médias et les supporters mettent une pression monstre sur les joueurs, qu’ils comparent au moindre détail à la génération précédente. Cette pression est encore plus forte sur un joueur qui prend la place d’un autre à un poste clé.
La ou la relève tarde à etre assurée depuis la génération 98-2000:
1- Le capitaine Didier Deschamps a quitté les bleus après le sacre de l’euro 2000. Ni Zidane, ni Viera n’ont pu le remplacer. Aucun autre capitaine naturel n’émerge dans l’équipe actuelle.
2- La génération Zidane comptait deux gardiens d’exception : Bernard Lama et Fabien Barthez. Aujourd’hui, deux gardiens prometteurs (sans plus) : Hugo Lloris et Steve Mandanda se disputent la place de numéro un. Redonner sa chance à Mickael Landreau peut également être envisagé par le sélectionneur. Surtout s’il retrouve le niveau qui était le sien jusqu'à la fin de la saison 2006-2007.

Succéder a Yaz
Enfin, disposer régulièrement dans ses rangs d'un meneur de jeu de la trempe de Yaz n’est pas évident. Dans l’histoire du ballon rond mondial il y a un tout petit nombre de joueurs au talent équivalent. Le milieu de terrain le plus susceptible de jouer au poste de numéro 10 et de lui succéder serait aujourd’hui le joueur des Girondins de Bordeaux Yohan Gourcuff (prêté avec option d’achat par le Milan AC). Avec sa vision, son aisance balle au pied, et le très peu de déchets qui ressort de son jeu (specialement dans ses passes), il peut emmener les bleus vers de nouvelles grandes compétitions. Lui manque encore la régularité au haut niveau.

28 juillet 2008

Ce club qui attire encore et encore

Les résultats du PSG sont en constante régression depuis plusieurs saisons. Le changement d’actionnaire n’y a rien changé. Le PSG a fini la saison dernière aux portes de la relégation. Si la tendance n’est pas inversée dès cette saison, le seul club de la capitale évoluant en ligue 1, continuera à écrire son histoire en ligue 2. Pourtant, Paris fait encore rêver les grands joueurs. Le club de la capitale a réussi lors de cette intersaison à attirer des joueurs de premier plan malgré sa baisse de régime. Claude Makelele, l’un des tout meilleurs milieux récupérateurs français de cette dernière décennie, et Ludovic Giuly, insaisissable ailier, viennent de signer au PSG.

Le PSG est le seul club de la capitale dans l’élite du foot français (ligue 1), ce qui lui permet de concentrer toute la ferveur populaire de la région d’île de France pour le ballon rond. Aussi mauvais que soient les résultats du club, les matches au parc se jouent toujours avec un public nombreux. Les matches du PSG se sont joués avec 37000 spectateurs de moyenne la saison dernière, soit un taux de remplissage de 78% du Parc des Princes. Rien de plus motivant pour un joueur que l’optique de jouer des matches à guichets fermés dans de grands stades. Giuly et Makélélé en ont l’habitude pour avoir foulé régulièrement les pelouses du Camp Nou, de Stanford Bridge ou du Santiago Bernabeu.
Malgré ses mauvaises prestations, le PSG draine encore les fonds des investisseurs. Colony Capital, fond d’investissement spécialisé dans le retournement d’entreprises en difficulté qui avait repris le club en 2006 a accordé au président une manne financière importante sur le marché des transferts. Le budget du PSG devrait passer cette saison de 70 à 100 millions d’euros. De plus, le PSG bénéficie du soutien indéfectible de la Mairie de Paris. La saison dernière, alors que le club parisien était en très mauvaise posture, elle avait déclarée qu’elle maintiendrait sa manne financière pour les saisons à venir, même en cas de descente. Avec aux manettes un nouveau président (Charles Villeneuve, ex-directeur des Sports de TF1), maître dans l’art de négocier, toutes les conditions étaient réunies pour revoir des joueurs de l’acabit de Claude Makelele et Ludovic Giuly s’entraîner au camp des loges.
Si la saison 2007/2008 a achoppé de mauvais résultats sur le plan sportif, la paire Cayzac-Le Guen a le mérite d’avoir lancé deux chantiers structurels vitaux que le PSG de l’ère Canal promettait de lancer mais n’a jamais lancé. Les pelouses du Camp des Loges ont enfin été changées en septembre, et la construction d’un centre d’entraînement ultra-moderne a été lancée. Son inauguration est prévue d’ici 2 à 3 ans. Deuxième dossier important : l’intégration des jeunes. Paul Le Guen a décidé d’enfin donner la chance aux jeunes du centre de formation de jouer en équipe première. Sakho, Sankhare, Chantome, N’gog et Arnaud sont des jeunes à qui le coach breton a donné du temps de jeu. Deux d’entre eux se sont particulièrement illustrés : Chantôme et Sakho, auteurs notamment d’une brillante prestation lors de la finale victorieuse de la coupe de la ligue face au RC Lens. Cette nouvelle politique laisse penser que le PSG saura donner sa chance à l’avenir aux jeunes pépites d’Ile-de-France, pour éviter de les voir mouiller d’autres maillots dès le début de leur carrière. Comme ce fut le cas pour Thierry Henry, né aux Ulis (Essonne) et qui a débuté sa carrière à Monaco, ou William Gallas, né à Asnières (Hauts-de-Seine) et qui a débuté sa carrière à Caen.
Ces deux changements structurels peuvent avoir pesé dans le choix de Makélélé et Giuly, surtout celui relatif à la présence de jeunes joueurs dans l’équipe. L’optique d’être entouré de jeunes prometteurs et motivés est très important pour que les expériences de Makélélé et Giuly puissent être transmises. Si l’équipe était composée uniquement de grognards chevronnés de la ligue 1, l’équilibre aurait été plus difficile à trouver, et le message de Kéké et Ludo aurait eu plus de mal à passer.
La présence de jeunes (Hoarau, Chantôme, Sakho), de joueurs intermédiaires (28-30 ans) comme Landreau, Luynindula et Rothen, et maintenant de joueurs internationaux très expérimentés (Giuly et Makelele) fait du PSG une équipe complète qui peut espérer être compétitive cette saison. L’association entre Ludovic Giuly, et son pendant sur l’aile gauche Jérôme Rothen promet. Elle avait déjà fait de brillantes preuves au temps où ils évoluaient ensemble à Monaco (2001-2004). Leurs talents réunis avaient mené le club de la principauté en finale de la ligue des champions en 2004.
Dernier élément qui a pesé dans la balance pour la venue de ces grands joueurs est l’attache personnelle de joueurs comme Makelele et Thuram à la ville de Paris. Si la venue de Thuthu a désormais peu de chances de se faire en raison de problèmes de santé, elle était en partie motivée par la présence de son amie dans la capitale. Makelele lui a grandi en région parisienne, et a ouvert un restaurant à deux pas de l’Elysee, le Rolls.
Reste maintenant à faire signer un défenseur central et un attaquant pour combler les départs de Yepes et Pauleta. Ces deux joueurs pourraient s’appeler William Gallas et Louis Saha. Deux internationaux.