13 juin 2008

Titi, Kéké et Thuthu en attendant Pat pour survivre au groupe de la mort

Le groupe de la mort tient bien son nom. Englués dans une situation difficile, des bleus pleins de doutes jouent aujourd’hui leur second match de poule face à la Hollande. Les différents choix du sélectionneur ne sont pas toujours les bons. Mais les bleus peuvent quand même y croire. Ils pourront compter sur le retour du meilleur buteur de l’histoire des bleus, Thierry Henry. Tout comme la grande forme de l’inoxydable Claude Makélélé (35 ans), élu homme du match contre la Roumanie.
Des bleus amorphes sans le capitaine Viera et le goleador Henry
Face à la Roumanie, la France a eu du mal à faire la différence. Dans une rencontre disputée à 18 heures sous une forte chaleur (20 degrés), les bleus n’ont pas pu faire la différence.
L’excuse de la chaleur, qui n’en est pas une n’aura plus de sens pour la suite car les bleus vont disputer leurs match d’aujourd’hui à 20h45, de même que leur dernier face à l’Italie mardi.
Ce qui a manqué à la France dans son premier match est du mouvement dans son jeu. La transmission du ballon était très lente, et les latéraux Sagnol et Abidal n’ont jamais pu apporter de solutions dans leurs couloirs. Ont également fait défaut la vitesse et la percussion habituels de Karim Benzema et Franck Ribery, très loin de leur niveau en club cette saison.
A un moment donné du match, les bleus avaient besoin d’un joueur pour les secouer mentalement, et les porter d’avantage vers l’avant. Ce joueur là, la France l’a en la personne de son capitaine Patrick Viera. Ce dernier, blessé à la cuisse le 30 mai, n’a pas joué le premier match, et ne sera pas de la partie non plus aujourd’hui. On espère son retour pour le match contre l’Italie. Le joueur de l’Inter Milan est très écouté par ses partenaires. Aussi, il évolue au poste clé de milieu relayeur, à la fois impliqué dans des tâches défensives et offensives. Ce qui permet de donner plus facilement des consignes à tout les membres de l’équipe. Thierry Henry, blessé à la cuisse avant le match contre la Roumanie effectuera aujourd’hui son retour. Le meilleur buteur de l’histoire de l’équipe de France avec 44 buts ne sera pas de trop pour concrétiser grâce à sa vitesse les contre-attaques que le jeu hollandais pourrait proposer.
Le titre de vice-champion du monde a donné un trop-plein de confiance à Domenech
Domenech est rentré dans cet Euro 2008 fort de son statut de sélectionneur vice-champion du monde. Aujourd’hui, on peut trouver des similitudes entre la situation de la France à cet Euro et lors du mondial 2006 après le premier match. Les bleus avaient alors fait match nul contre la Suisse, et certaines critiques identiques à celles d’aujourd’hui avaient fusées : Equipe vieillissante, défenseurs situés trop bas sur le terrain, manque de réalisme, sélectionneur incapable d’adapter sa tactique à l’adversaire et à la tournure du match. On connaît la suite et la bonne performance des bleus, qui n’ont été séparés du titre mondial que par la loterie des tirs aux buts.
Seulement voila, une grande différence existe avec la situation d’aujourd’hui. Si la France avait fait match nul contre la Suisse, il lui restait alors deux rencontres contre les deux équipes les plus faibles du groupe : la Corée du Sud et le Togo. Aujourd’hui, après avoir été tenue en échec contre la Roumanie, il lui reste à jouer les deux plus difficiles adversaires du groupe : la Hollande et l’Italie.
Allez comprendre les choix de Domenech
Les choix de Raymond Domenech sur le plan de la vie du groupe et les choix tactiques sont plus que discutables. L’ancien joueur de l’Olympique Lyonnais a décidé de faire vivre le groupe dans un vase clos, le coupant de tout contact avec les supporters en décrétant des huis clos pour toutes les séances, et en désignant quasiment toujours à la conférence de presse des joueurs de second plan. Si la confidentialité de certaines séances tactiques clés est nécessaire, il est cependant mauvais de couper totalement les joueurs des supporters auprès desquelles ils pourraient trouver un grand support mental, lors d’un entraînement ou lors d’une séance d’autographes. En 2006, ce même choix d’introvertion était justifiée par le manque de vécu commun des joueurs. Avec d’un côté les anciens Zidane, Makelele, Sagnol, Barthez et de l’autre les nouveaux Abidal, Malouda, Ribéry, un équilibre de groupe et de vestiaire avait besoin d’être trouvé en toute sérénité. Aujourd'hui, le groupe se connaît déja très bien.
Sur ses choix tactiques, il est plus que discutable de jouer contre la Roumanie avec deux milieux défensifs. Surtout quand ces deux milieux défensifs (Claude Makelele et Jeremy Toulalan) ne sont pas portés vers l’avant, comme le sont par exemple Patrick Viera ou Mathieu Flamini. Faute de le faire dès le début du match, Domenech aurait pu faire des changements dès la mi-temps, vu que les intentions roumaines étaient très claires : jouer tout le match très bas pour empocher le point du match nul. A la place, le sélectionneur a décidé d’attendre les 20 dernières minutes pour effectuer des changements, tout en maintenant deux récupérateurs sur la pelouse jusqu’au coup de siffler final.
La situation sportive délicate couplée à la pression médiatique, semblent toutefois avoir poussées l’imprévisible Domenech à mettre de l’eau dans son vin. Il a décidé depuis le match de la Roumanie de communiquer d’avantage, et de laisser filtrer ses entraînements et ses incertitudes tactiques à la presse. Les bleus devraient évoluer aujourd’hui en 4-2-3-1, et Eric Abidal laissera sa place de latéral gauche à Patrice Evra. Ce dernier sort d’une brillante saison avec Manchester, avec qui il a gagné la ligue des champions. Se priver d’un tel joueur ne pouvait plus durer.
Le sélectionneur : pas si important pour la victoire finale
Le coach est l’une des principales clés de réussite d’un club. Il vit au jour le jour avec des joueurs qu’il entraîne, qu’il conseille et qu’il fait progresser. Aussi, la cohésion d’un vestiaire d’un grand club européen composé de joueurs de plusieurs nationalités différentes est plus difficile à maitriser qu’en équipe nationale. Le coach de Chelsea José Mourinho en est le meilleur exemple. Au cours des 3 saisons où il a entrainé le club londonien (2004 à 2007), il a remporté quatre titres. Son remplaçant cette année, Avraham Grant, n’en a remporté aucun. Avec pourtant les mêmes joueurs… Ces derniers manifestent pour beaucoup d’entre eux des velléités de départ. Drogba et Lampard sont pressentis à l’Inter. Ils y rejoindraient…
Mourinho ! Peut-on en dire autant pour le coach d’une équipe nationale ? Après l’Euro 2004 où il entrainait les bleus, Jacques Santini a entraîné Totenham. Il n’a pu prendre dans ses bagages aucun des 23 bleus qui avaient disputé l’Euro…
Plus que tout, l’individualisme et l’égo des joueurs dans les clubs (qui les paient) sont plus élevés que lorsqu’ils jouent pour leurs équipes nationales. Voir Lionel Charbonnier, gardien remplaçant des bleus lors de la demi-finale de la coupe du monde 1998 contre la Croatie, se lever du banc et demander au public d’encourager son équipe est une image on ne peut plus éloquente. Qu’Andrei Shevchenko ou Carlo Cudicini, joueurs de Chelsea remplaçants lors de la finale de la ligue des champions en fasse de même était totalement impossible. Dans ce même sens, Jean-Alain Boumsong était ravi de savoir qu’il était sélectionné dans le groupe des bleus pour rester sur le banc et remplacer une hypothétique blessure de Gallas ou Thuram. Ravi, il ne l’était pas sur le banc de la Juventus, qu’il a quitté en Janvier pour rejoindre l’équipe-type lyonnaise.
Un sélectionneur a certainement une part dans la réussite d’une nation dans une grande compétition, mais elle est nettement moindre. Elle se situe surtout dans la sélection des bons « 23 » puis du bon « 11 ». A Mexès près, et avec l’apparition de Patrice Evra dans le onze titulaire demain, Domenech a le mérite d’avoir vu juste.
A partir de là, quel que soit le système, c’est aux joueurs, aux hommes qu’ils sont de se surpasser, de donner des solutions, de jouer au niveau qui est le leur. Ce niveau qui a fait gagner les titres à leurs clubs, et qui les a déjà hissés pour trois d’entre eux (Thuram, Viera, Henry) sur le toit du Monde et de l’Europe avec les bleus. Pour éliminer les grosses cylindrées, cette équipe doit aussi avoir en son sein des joueurs expérimentés et meneurs dans l’âme. De futurs grands entraîneurs comme Blanc et Deschamps avaient montré la voie en 98 et 2000. Ils avaient donné la capacité à l’équipe de s’autogérer. A Claude Makelele, Lilian Thuram, Thierry Henry et Patrick Viera de s’approprier encore plus ce rôle. Et la France sera aujourd’hui à seize jours d’un troisième sacre européen.

9 juin 2008

Réussir son entrée!

Les Bleus vont enfin débuter leur Euro. Leur première rencontre les opposera aujourd’hui à 18h00 à la Roumanie. La première rencontre d’une équipe dans une grande compétition conditionne souvent le reste de sa performance dans la compétition.
Premiers matches des campagnes victorieuses
Les bleus ont remporté trois grandes compétition internationales : l’Euro 84 et la Coupe du Monde 98 disputés en France, et l’Euro 2000 disputé en Belgique et en Hollande. A chaque fois les bleus avaient rendu une bonne première copie en l’emportant tout en dégageant une grande solidité défensive. En 84, lors de leur premier match de poule, les bleus battent le Danemark 1-0. En 98, la France bat les Bafana Bafana Sud-Africains 3-0. Lors de l’Euro 2000, les bleus battent encore le Danemark 3-0 lors de leur match d’ouverture. Un match liminaire victorieux avec la manière donne beaucoup de confiance aux joueurs, conforte le sélectionneur et ses assistants sur leurs choix tactiques et sur la préparation physique pré-Euro adoptée.
Les bleus dans le groupe de la mort
Tirés au sort dans le groupe de la mort avec l’Italie, la Hollande et la Roumanie, les hommes de Raymond Domenech n’auront pas d’autres choix que de l’emporter face à l’équipe la moins forte du groupe. La roumanie comptera essentiellement sur son attaquant vedette Adrian Mutu, dont la technique individuelle peut faire à elle seule basculer un match.
Mais vu l’état de forme de joueurs comme Ribéry, Benzema, Makelele et Coupet, et les bonnes performances lors des trois matches de préparation des bleus avant l’euro (2 vicoires, un nul, zéro but encaissé) il n’y pas lieu de s’inquiéter. Un nul ou une défaite hypothéquerait très vite les chances des bleus de passer le premier tour, avant d’affronter la Hollande et l’Italie.
Le cas Viera
Les derniers jours de la préparation des bleus ont été marqués par l’énigme Viera. La participation du capitaine des Bleus est incertaine en raison d’une blessure à la cuisse contractée lors d’un entraînement le 30 mai. Si on sait déjà qu’il ne jouera pas le premier match contre la Roumanie, on saura aujourd’hui s’il restera dans le groupe pour le reste de la compétition. Tout comme Zidane avant la coupe du monde 2002 et Desailly avant l’Euro 2004, les bleus se sont retrouvés avec un capitaine blessé à quelques jours du début de la compétition. A la différence des deux premières fois, le staff des bleus a communiqué avec un peu plus de transparence sur le pépin physique de l’homme au brassard, et n’exclut pas de disputer la compétition sans Viera, si on diagnostique que sa blessure le privera du second match. Pour les blessures de Zizou et Desailly, le staff avait pris la mauvaise décision de garder les deux joueurs dans l’effectif, tout en minimisant officiellement la gravité de leurs blessures. On connaît la suite, et l’incidence négative que cela avait eu sur la confiance et la concentration de l’équipe, notamment lors du premier match de la coupe du monde 2002 perdu contre le Sénégal 1-0.
Les bleus jouent cet Euro pour rentrer dans l’histoire. Il peut les mener vers un troisième sacre européen après ceux de 84 et 2000. La France rejoindrait ainsi l’Allemagne avec trois titres, et deviendrait indiscutablement la meilleure nation de foot de cette dernière décennie.

25 mai 2008

Le mome de Trappes repasse à la trappe


Une nouvelle page dans le livre déjà long et riche en rebondissements de la carrière atypique de Nicolas Anelka s’est écrite en finale de la ligue des champions 2008. C’est sur un penalty raté du joueur formé au Paris Saint-Germain que s’est achevé cette finale disputée à Moscou, entre Chelsea et Manchester. Au terme de 120 minutes insuffisantes pour déterminer un vainqueur (1-1), les deux géants du foot anglais se sont départagés par une séance de tirs aux buts. Une fin toujours injuste mais qui a au moins le mérite de désigner un vainqueur. Les deux équipes étaient à 6-5 pour les Red Devils avant que Nico s’élance et voit son tir stoppé par le gardien mancunien Edwin Van Der Sar.
Talent hors-norme à ses débuts
Formé au PSG, Anelka est lancé dans le grand bain de la ligue 1 par Luis Fernandez en 1996 alors qu’il n’a que seize printemps derrière lui. Très vite le gamin impressionne par son accélération hors norme et son sens du but. Faute d’avoir sa chance au PSG, il décide de s’expatrier à Arsenal (qui l’achète pour la modique somme de 500000 francs) où il inscrit 17 buts en championnat lors de la saison 98-99. Sans doute la meilleure de sa carrière.
Car son transfert au Real de Madrid en 1999 va amorcer son déclin. Très vite les Raul, Morientes et Guti le marginalisent dans le vestiaire et rendent son intégration difficile. Encore trop tendre, Anelka s’introvertit et se morfond sur le banc des remplaçants. Malgré sa victoire en ligue des champions et sa participation à la finale face à valence (au poste inédit de milieu droit !), il décide de fermer la parenthèse madrilène et retourner dans le club de son cœur, le PSG, auquel il est transféré pour une somme record à l’époque de 220 millions de francs. Soit 440 fois le prix auquel le PSG l’avait vendu à Arsenal 4 ans plus tôt. Cette moins-value fait d’Anelka le symbole de l’échec retentissant du club de la capitale dans sa gestion des jeunes joueurs formés au club. Au parc des princes, Anelka déçoit et demande très vite à retraverser la manche.
De 2002 à 2007, Anelka va petit à petit remonter la pente en faisant le bonheur de clubs de second plan (Manchester City, fenerbahce et Bolton) dans lesquels il inscrit 74 buts en championnat. Ces années dans l’ombre lui permettent également d’élargir sa palette : en plus de l’axe de l’attaque, nico est de plus en plus à l’aise sur les côtés et s’illustre par sa capacité à participer à la construction du jeu.
Ce retour en forme lui permet de retrouver un grand club (Chelsea) dans lequel il signe lors du dernier mercato hivernal. Mais le bilan de sa première saison au lendemain de la finale de ligue des champions n’est pas positif : un seul but marqué en quatorze matches de championnat et aucun en cinq matches de ligue des champions. Le tir au but manqué face à Mancester n’est au final qu’anecdotique tant on sait la grande part de chance inhérente à cette forme d’épreuve.
En dents de scie chez les bleus
Dans la pré-liste des 30 joueurs sélectionnés par Raymond Domenech pour l’Euro 2008, Anelka devrait également figurer dans liste des 23. Le sélectionneur l’a en effet régulièrement titularisé lors des rencontres internationales de ces deux dernières saisons.
Avant d’atteindre ce statut chez les bleus, et à l’instar de sa carrière en club, le natif de Trappes aura connu un parcours en dents de scie en sélection.
A ses débuts chez les tricolores, on disait que Platini n’avait pas eu la chance d’avoir un Papin pour bonifier ses caviars, et que Papin n’avait pas eu de Platini pour lui donner de bons ballons. Anelka avait Zidane, et Zidane avait Anelka, le duo promettait beaucoup. Au final il n’en fut (presque) rien.
En bleu, il aura connu les profondeurs abyssales de l’annonce de sa mise à l’écart par Aimé Jacquet, à quelques jours de la compétition, de la liste définitive des 22 bleus pour la coupe du monde 98. Et ce après avoir fait partie d’une première liste de 28 joueurs.
Chez les bleus, il aura également atteint des hauteurs himalayennes. En inscrivant un doublé historique à Wembley face à l’angletterre en 1999 et surtout en gagnant l’euro 2000. Lors de cette compétition, son association avec Thierry henry avait été un succès. On en gardera surtout sa très belle passe décisive à titi sur le premier but français en demi-finale face au Portugal.

Suite à cet euro, nico a connu de longues années de disette. Une victoire des bleus à l’Euro, avec un but en finale de l’ex-pensionnaire du camp des loges suffirait largement pour faire basculer le bilan mitigé de sa carrière à l’extérieur de la trappe.

7 janvier 2008

Une opposition étrangère à la démocratie


L’opposition libanaise a eu pour principales revendications lors de ces trois dernières années l’établissement d’une nouvelle loi électorale et la formation d’un gouvernement d’union nationale. Tant que ces demandes n’étaient pas appliquées, l’opposition a jugé que ce gouvernement et ce parlement n’étaient pas démocratiques. Pourtant, à voir comment les plus florissantes démocraties fonctionnent ces arguments ne justifient pas ce blocage.

La loi électorale qui prévalait lors des législatives de 2005, avait été fabriqué par Ghazi Kanaan, chef des services de renseignements syrien au Liban, au temps de l’occupation syrienne. Si cette loi est inique, c’est toutefois la même qui avait été appliqué lors des législatives de 2000, sans la moindre protestation à l’époque de certaines composantes de l’opposition d’aujourd’hui, comme le Hezbollah, Amal, les Marada de Sleimane Frangié ou Michel El-Murr.
Une loi électorale en termes pratiques n’est jamais juste, elle tend juste à l’être. Elle est un instrument du pouvoir en place. Ce dernier la fait évoluer selon ses intérêts, couvert par la légitimité parlementaire.
En France, Francois Mitterrand a fait passer le scrutin du mode majoritaire au mode proportionnel en 1986 pour limiter la casse face à l’écrasante victoire de la droite qui se présentait. Lors du scrutin du printemps dernier, disputé selon le mode majoritaire, le Modem de Francois Bayrou a obtenu 8% des suffrages pour n’entrer à l’assemblée qu’avec 3 députés sur les 577 que comptent l’hémicycle, soit 0,6% des sièges. On a jamais entendu Bayrou, malgré ses protestations récurrentes, demander au gouvernement de démissionner, car puisant sa légitimité d’une loi injuste.
Le mode de fonctionnement du système électoral américain est encore plus éloquent. Le président y est élu sur la base d’un système de Grands électeurs. Le candidat qui arrive en tête dans une région rafle la totalité des grands électeurs échus à cette région, selon le principe du « winner takes all ». Ce système permet théoriquement à un candidat de remporter l’élection avec 25% des suffrages populaires (voire moins). En 1972, Nixon a été élu avec 95% des voix des Grands électeurs, alors qu’il n’avait obtenu que 60% des votes populaires. L’élection de Georges W Bush en 2000 face à Al Gore est l’exemple le plus révélateur de l’imperfection de la loi américaine. Al Gore a devancé son rival républicain de plus de 300000 voix en termes de votes populaires. Mais le Texan a totalisé 271 Grands électeurs contre 267. Le diplômé de Yale l’a emporté grâce notamment à sa victoire de 537 voix d’écart en Floride. Le succès en Floride, lui a permis d’empocher les 25 Grands électeurs de la région, et d’accéder à la Présidence de la République.
Deux des plus resplendissantes démocraties connaissent des failles dans leurs lois électorales. L’opposition dans ces deux pays pointe du doigt cette carence, et cherche à peser dans le débat pendant son mandat dans l’opposition, sans chercher à figer l’action du pouvoir, sous prétexte qu’il est illégitime. Comme c’est le cas au pays du cèdre depuis novembre 2005.
De surcroît, une loi électorale nécessite du temps pour être mise en place. D’autant qu’elle doit être soumise à l’accord de toutes les parties en présence, et qu’elle est sujette à des désaccords au sein même de l’opposition et de la majorité. La nouvelle donne politique générée par le retrait syrien en 2005, la vague d’attentats qui a suivi nécessitait de donner la priorité à d’autres questions comme l’élection d’un président souverainiste, ou la mise sur pieds du tribunal international.
L'argumentation défendue par le Courant Patriotique Libre sur la nécessité de donner la priorité à l'adption d'une nouvelle loi qui donnera sa juste représentativité à la communauté chrétienne ne tient pas debout. D’autant qu’avec la présence dans la majorité de partis comme les Forces Libanaises et les Kataeb, il est certain que les prochaines élections se tiendront sous une légifération qui donnera ses plein-droits à la communauté chrétienne. Un comportement contraire de la part des composantes chrétiennes du courant du 14 Mars, lui ferait perdre une large partie de son électorat. Le consensus de toutes les parties chrétiennes sur ce sujet (Bkerké, CPL, FL, Kataeb, Marada…) devait suffire pour faire passer cette question au second plan, devant la nécessité de renforcer l’indépendance naissante (et en danger) de la nation. Le second pôle majeur de l'opposition qu'est le Hezbollah, avait dans la période pré-électorale des dernières législatives vivement insisté pour que l’élection se tienne sous le cadre de la loi de 2000.
La deuxième revendication de l’opposition est la formation d’un gouvernement d’union nationale, dans lequel elle détiendrait un tiers de blocage. C’est à dire qu’elle pourrait faire obstruction et bloquer toute décision du gouvernement qui ne lui conviendrait pas. La formation d’un gouvernement sous cette forme annihilerait le rapport entre la majorité et l’opposition qui régit tout système démocratique. Une coalition nationale de cette forme a sa place dans deux cas de figure. Le premier cas est quand le scrutin législatif n’a pas dégagé de majorité claire, comme ce fut le cas lors des dernières législatives allemandes. Or, les élections libanaises de 2005 ont donné une victoire nette à la coalition du 14 Mars avec 72 députés (contre 56 pour l’opposition), et un mandat de 4 ans. Le second cas de figure se présente quand toute les parties sont d’accord sur un péril commun important menaçant la nation, et qui nécessite de faire passer au second plan les programmes respectifs des différents partis. Or, le risque permanent que fait peser le voisin syrien sur la stabilité sécuritaire et économique du pays, ainsi que l’adoption du tribunal international, ne sont pas des sujets sur lesquels les deux bords partagent la même opinion. D’où l’impossibilité d’accorder un tiers de blocage à l’opposition.

L’heure est aujourd’hui au consensus sur la personne du Général Sleimane pour la présidence de la République. La majorité ne doit cependant plus lâcher de lest à l’opposition sur la question vitale du tiers de blocage. A l’heure où une nouvelle vague de pressions internationales sur l’Iran et la Syrie pourrait arriver, la majorité doit garder une certaine marge de manœuvre qui lui permettrait de récupérer en politique intérieure ces pressions, pour renforcer l’édification d’un Etat libanais fort et souverain. Quoi qu’il arrive, cette période aura créé un précédent anti-démocratique dangereux, et à l’avenir, toute opposition pourra se targuer des imperfections d’une loi pour stopper l’activité du pays.

Khalil Hatem

2 décembre 2007

La constance dans l'excellence de l'Olympique Lyonnais




Les années se succèdent et se ressemblent du côté de l'Olympique Lyonnais. Au terme d'une brillante saison 2006-2007, l'OL a franchi un nouveau cap dans tous les compartiments. L’équipe présidée par Jean-Michel Aulas a remporté un sixième titre d’affilée. Une statistique qui constitue une première, et qui ne sera pas égalée de sitôt. Des tensions dans le groupe et des critiques des médias ont pimenté la fin de saison. Elles restent toutefois anecdotiques en vue du chef d’œuvre réalisé sur la saison par les joueurs de l’OL. D’autant qu’en parallèle, l’évolution structurelle du club est menée merveilleusement par le président lyonnais.
Six titres, six dauphins
A l’échelle nationale, le succès des gones n’a pas été suffisamment salué. Sans doute l’effet de l’habitude de voir ce club se détacher du peloton de la ligue 1. Mais l’exploit est de taille. Les rhodaniens ont battu le record de l’OM, qui avait réussi à décrocher le titre 5 ans de suite de 89 à 93 (avec certaines réserves sur le dernier titre pour cause de corruption). L’OL a de plus réussi à se hisser en finale de la coupe de la ligue. Ils n’ont perdu la coupe qu’a la dernière minute de la finale face aux girondins de bordeaux. Le bilan des hommes de Gérard Houiller est non seulement très bon, comme ce fut le cas lors des 5 premiers titres, mais on peut même y voir une progression. Lyon a franchi la ligne d’arrivée avec 17 longueurs d’avance sur Marseille. Un écart qu’il n’avait jamais réussi à creuser avec ses dauphins, lors de ses cinq premiers sacres. En 6 ans, l'OL aura eu 6 dauphins différents : Lens, monaco, paris, bordeaux, Lille et Marseille. Preuve que l'écart entre Lyon et ses concurrents ne cesse de se creuser. La première partie de saison de l’OL s’inscrit dans cette continuité.
Sur le vieux continent, Lyon s’est fait éliminé en huitième de finale face à l’AS Roma.
Mais cela n’enlève rien au mérite des lyonnais, qui ont fait preuve d’une impressionnante régularité en ligue des champions. Les pensionnaires de Gerland font partie des 6 seuls clubs à avoir réussi à se hisser dans le printemps européen de la C1 (huitièmes de finale) ces 4 dernières saisons, avec Arsenal, Chelsea, le Milan AC, le Real et le Bayern.
La performance est de taille quant on sait que les clubs français sont amputés d’une grande partie de leurs meilleurs joueurs, qui sont dans l’opposition lors des confrontations européennes. Pour remporter cette coupe, l’inter de Patrick Viera, le Chelsea de Claude Makelele, le Barça de Titi Henry ou le Manchester United de Patrice Evra se dressent souvent sur le chemin des clubs français. La faute à une fiscalité trop lourde en France, qui pousse nos meilleurs joueurs à s’expatrier. En prenant en compte ce facteur, la performance de l’OL dans la plus prestigieuse des compétitions, prend encore plus de relief. Avant 2004, et les brillantes aventures de Lyon, qui avait intégré le grand huit européen de la ligue des champions, et Monaco, qui s’était hissé en finale, les clubs français n’avaient plus atteint les quarts de finale, avec l’épopée du club de la principauté de 1998.
Après des débuts compliqués dans cette compétition cette saison, l’Olympique Lyonnais s’est ressaisi. Il ne devrait pas avoir beaucoup de difficultés à battre les Rangers à Glasgow le 12 décembre prochain, et continuer l’aventure européenne.
Le marché des transferts est chaque année très actif du côté de Gerland. Au terme de la saison 2006/2007 l’OL a dû lâché Eric Abidal parti au Barça, Florent Malouda, qui a rejoint Chelsea, Tiago, parti à la Juventus, et Alou Diarra, transféré à Bordeaux. Ces départs avaient suscité de longues et interminables critiques de la presse nationale, qui jugeait que le départ de ces joueurs serait fatal à l’OL, d’autant plus que les nouvelles recrues et les remplaçants de ces joueurs étaient jugées d’un niveau inférieur à celui de leurs prédécesseurs. C’était sous-estimer les qualités de joueurs comme Fabio Grosso, artisan important du titre de champion du monde 2006 avec l’Italie, et la capacité d’adaptation rapide au haut niveau d’Hatem Ben Arfa et Karim Benzema. Ce dernier pourrait être le serial-buteur qui avait manqué à l'OL lors de ses grandes sorties européennes, face au Milan AC ou au PSV Eindhoven. Il n’y a pas lieu de s’inquiéter d’autant plus que le départ de joueurs importants est une constante depuis plusieurs années. Les départs vers des liquettes plus prestigieuses de joueurs importants, tels qu’Essien en 2005 vers les blues de Chelsea, et Diarra en 2006 pour rejoindre les Merengue du Real de Madrid, n’avaient pas stoppé la montée en puissance du club. Bien au contraire, l’équipe s’est toujours adaptée, et a toujours progressé.
Sur le banc, la valse des entraîneurs a continué. Gérard Houiller a décidé de quitter le club sur un titre national. Il a été remplacé par Alain Perrin. Ceci n’augure pas une fin de cycle de l’équipe, d’autant que les prédécesseurs de Houiller, Jacques Santini et Paul Le Guen avaient déjà quitté le club sur un titre de champion.
Un club valorisé aujourd’hui à près de 300 millions d’euros
Les structures de ce club accompagnent la marche en avant de l’OL. L’introduction en bourse, pourrait permettre au club d’engendrer de nouvelles rentrées financières qui grossiront son budget, et ses capacités sur le marché des transferts. L’entrée a eu lieu le 26 janvier 2007 à la bourse de Paris, avec un prix de 24 euros par action pour près de 3,7 millions d’actions nouvelles. Le montant global s'élève à près de 88 millions d’euros, soit 30% du capital d’OL groupe. Ce dernier est aujourd’hui valorisé à près de 300 millions d’euros.
Cette ouverture de capitale a pour but de financer le projet de stade que prépare Jean-Michel Aulas. C’est la dernière pierre du chateau édifié par Jean-Michel Aulas. Le club ne parle pas de nouveau stade mais d’ « OL land ». D’ici à 2010, Jean-Michel Aulas, le président de l’OL, espère avoir quitté son berceau historique de Gerland pour installer son équipe à décines, dans la banlieue est de la ville. Le site de décines, desservi par une ligne de tramway, devrait abriter un stade de 60000 places, un terrain d’entraînement, deux hôtels, une zone de loisirs, un espace de bureaux et des surfaces commerciales. Le coût du projet global est évalué entre 400 et 450 millions d’euros. M. Aulas, en bon gestionnaire, souhaite rentabiliser son bien en accueillant des évènements musicaux et culturels.

Le club rhodanien en progressant sportivement, avec en parallèle un renforcement des infrastructures et des structures financières est en train de devenir un grand d'europe. Une victoire en C1 ne devrait plus tarder.
Khalil Hatem

15 novembre 2007

Titi supporter de la Squadra?


En ce moment il n’y aucune raison de supporter le foot italien. Après les graves incidents qui ont eu lieu ce week-end autour des stades transalpins, le ballon rond italien est en deuil. La faute à une énième rixe de supporters, qui a entraîné la mort d’un fan de la Lazio de Rome, suite à une bavure policière (selon les premiers éléments de l’enquête). La mort de Gabriele Sandri, tifosi de la Lazio de Rome, a entraîné une vague de violences sur tout les stades italiens, où plusieurs matches ont été annulés.
Cet épisode vient encore plus ternir l’image du foot italien, qui avait déjà été noircie par deux évènements lors des deux dernières saisons : L’affaire des matches truqués qui avait mis au tapis tout les cadors du championnat italien (excepté l’Inter de Milan), et qui avait mené à la rétrogradation de la Juventus de Turin en deuxième division, à la fin de la saison 2005/2006.
La mort d’un policier la saison dernière, en Sicile, venu s’interposer dans une bagarre entre des supporters de Catane et Palerme, avait déjà tiré la sonnette d’alarme sur le problème de la violence des hooligans italiens.
Dans ce contexte extra-sportif agité, la squadra azura joue samedi un match capital dans l’optique de la qualification à l’Euro 2008.

Henry en free style
Le meilleur buteur de l’histoire des bleus a déclaré hier : « Même si cela peut sembler étrange, nous allons soutenir les italiens (face à l’Ecosse). Je croise les doigts pour l’Italie même si cela peut paraître un peu bizarre », a déclaré hier Thierry Henry dans un entretien au magazine sportif allemand Kicker.
Une déclaration qui à prime abord peut paraître surprenante, tant on se rappelle de l’intensité des duels qui avaient opposé titi aux défenseurs italiens en finale de la coupe du monde 2006. La partie avait débuté par un coup de coude du capitaine italien Fabio Canavarro sur le meilleur buteur de l’histoire de l’équipe de France, qui était resté groggy pendant plusieurs minutes.
Seulement voila, les Italiens jouent samedi face à l’Ecosse, et une victoire des hommes de Roberto Donadoni qualifierait les bleus pour le championnat d’Europe des nations, avant même son match de mercredi à Kiev. Un tout autre résultat qu’une victoire italienne mettrait les bleus dans l’obligation d'aller chercher un point contre l’Ukraine. Aussi, un Euro sans le champion du monde ferait désordre, et diminuerait du niveau et de l’attrait de cette compétition.
Le soutien de titi est donc compréhensible. Mais pour 90 minutes… pas plus !

12 octobre 2007

Les bleus ou l’art de nous tenir en haleine


Auteurs d’une seconde mi-temps de rêve, les bleus ont finalement répondu présent. Le match de samedi dernier est le dernier épisode d’une longue série qui a ponctué toute une décennie où nos footeux et nos rugbymen ont sorti une grande seconde mi-temps et des exploits uniques, transcendés par une situation et un contexte souvent compromis.

La bête noire des Blacks en coupe du monde
Il y a 8 ans déjà, les bleus avaient battu la Nouvelle-zélande en coupe du monde. Menés 24-10 en début de seconde mi-temps, les bleus avaient renversé la vapeur grâce à des exploits de Philippe Bernat-Salles et Christophe Dominici, pour finalement l’emporter 43-31.
Samedi dernier, les bleus étaient encore plus outsiders, et les blacks encore plus favoris. Et pourtant, les hommes de Bernard Laporte ont su laisser passer l’orage en première mi-temps (13-3), avant de réediter l’exploit de 99 en revenant au score avant de l’emporter grâce à un essai de Yannick Jauzion, sur une passe renversante de Frédéric Michalak, qui était rentré en jeu quelques minutes auparavant.
La dernière victoire des bleus face aux blacks remontait à 2000. Sur les quinze matches qui les ont opposés depuis 97, les bleus n’ont pris le dessus que trois fois. Mais deux fois sur deux en coupe du monde.
Les footeux aussi aiment revenir de loin
En demi-finale de sa coupe du monde de foot en 98, les bleus sont menés par la Croatie dès le début de la seconde mi-temps, après un but de Davor Suker suite à une erreur d’alignement de Lilian Thuram. Dans la foulée, les bleus égalisaient avant de l’emporter 2 buts à 1 grâce à un doublé de ce même Thuram. Le défenseur du barça n’avait pas marqué avant, et n’a plus marqué depuis en 132 sélections (série en cours).
Bis répétita deux ans plus tard en finale de l’euro à Rotterdam face à l’Italie, où les bleus menés au score ne sont revenus dans la partie qu’à l’ultime seconde du temps additionnel du temps reglementaire grâce à une volée de Sylvain Wiltord, alors que le banc transalpin était debout prêt à célébrer son sacre. On connaît la suite et le but victorieux de David Trezeguet en prolongations.
L’été dernier en Allemagne, peu de spécialistes avaient parié sur une victoire des bleus face au grand favori brésilien, en quart-de-finale de la coupe du monde. Après une courte période de crispation, les bleus ont petit à petit pris le match en mains, avant de concrétiser cette domination par un but de titi Henry sur un service de Zidane. La seule passe décisive de zizou à titi, en plus de 70 sélections communes en équipe de France.
Des matches tremplins
A Cardiff, les bleus risquaient de sortir dès les quarts de finale de LEUR coupe du monde, qu’ils avaient attendus pendant quatre ans. On voyait déjà se profiler l’ombre de longues et interminables critiques de la presse. D'abord, à l’encontre des organisateurs qui n’ont pas eu l’humilité de programmer les deux quarts de finale potentiels de la France dans l’hexagone, ayant la certitude que les bleus ne feraient qu’une bouchée de leurs adversaires du groupe. Une poule qui comptait pourtant l’Argentine et l’Irlande. Ensuite, des joueurs, dont on aurait une fois de plus décortiqué les erreurs lors du match d’ouverture face aux pumas argentins. Enfin, et surtout à l'encontre de Bernard Laporte, qu’on aurait envoyé à la curée pour avoir accepté un secrétariat d’Etat bien trop tôt, alors qu’il aurait dû jusqu’à la fin du parcours des bleus ne penser que rugby.
On saura aujourd’hui l’impact psychologique de la victoire face aux blacks. Mais avoir survécu rend un groupe beaucoup plus fort. Ce vieil adage sportif est rarement démenti. Des matches d’une telle intensité quand ils sont gagnés, permettent d’inverser la pression et de libérer l’équipe qui le gagne. Reste que les anglais sortent eux aussi d'un exploit face aux Wallabies...
Le match face au brésil l’été dernier à Francfort est la dernière illustration de cette France qui gagne après avoir souffert, et a poussé les bleus jusqu’en finale (perdue qu'à la loterie des tirs aux buts).

Ces exploits à l’arrachée ont mené les footeux à remporter un titre mondial et européen. Au tour maintenant des rugbymen de... transformer l’essai.
Khalil Hatem

L'essai de Bernat-Salles en 99 :
Le Haka néo-zélandais avant le quart-de-finale 2007 :